Introduction
Face à des cyberattaques toujours plus sophistiquées, la simple détection automatisée ne suffit plus. Le threat hunting, ou traque proactive des cybermenaces, consiste à rechercher activement les menaces déjà présentes dans un système d’information, avant même qu’elles ne déclenchent la moindre alerte. Cette approche repose sur l’idée qu’un attaquant peut déjà se trouver dans votre réseau sans que vos outils classiques ne l’aient repéré. Découvrez dans cet article les fondamentaux de cette discipline, les compétences nécessaires pour l’exercer et les perspectives qu’elle ouvre aux futurs experts en cybersécurité.
Dans ce guide, nous vous présentons en détail le threat hunting, son importance pour anticiper les attaques et la manière dont cette pratique transforme le quotidien des équipes de cybersécurité.
Qu’est-ce que le Threat Hunting ? Devenez un chasseur de menaces
Temps de lecture : ~7 min
- Comprendre le threat hunting et son approche proactive
- Les étapes clés d’une traque de menaces efficace
- Les différentes approches de la chasse aux cybermenaces
- Le métier de threat hunter et les compétences requises
- Rémunération et perspectives de carrière
- Se former pour accéder à la traque proactive des menaces
- FAQ
- Vers une cybersécurité plus offensive et plus intelligente
Comprendre le threat hunting et son approche proactive
La plupart des dispositifs de sécurité traditionnels (antivirus, pare-feu, systèmes de détection d’intrusion) fonctionnent en mode réactif. Ils attendent qu’un événement suspect déclenche une alerte pour intervenir. Le problème, c’est que les attaquants les plus avancés savent contourner ces mécanismes. Ils utilisent des techniques de persistance, de mouvement latéral et d’évasion qui leur permettent de rester invisibles pendant des semaines, voire des mois.

La chasse aux cybermenaces adopte une logique radicalement différente. Le point de départ est une hypothèse : des cybercriminels ont peut-être déjà infiltré le système. À partir de cette supposition, le spécialiste mène une investigation approfondie pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. Il ne se contente pas d’attendre les alertes, il va les chercher.
Cette démarche vient compléter les capacités du SOC (Security Operations Center) et des outils de détection automatisée comme les SIEM, les EDR ou les NDR. Elle comble leurs lacunes en identifiant des compromissions que ces solutions n’ont pas été programmées pour repérer.
Les étapes clés d’une traque de menaces efficace
Le processus de traque proactive des menaces se structure généralement en trois phases distinctes.
Phase 1 : le déclencheur
La première phase est celle du déclencheur. Un indicateur de compromission (IOC), un comportement suspect, une nouvelle vulnérabilité critique ou même une simple intuition fondée sur l’expérience pousse le chasseur de menaces à lancer une investigation. Ce déclencheur peut aussi provenir de la threat intelligence, c’est-à-dire de rapports sur des campagnes d’attaques en cours ciblant un secteur ou un type d’infrastructure particulier.
Phase 2 : l’investigation approfondie
La deuxième phase est l’investigation proprement dite. Le spécialiste collecte et corrèle des données issues de multiples sources : journaux d’authentification, logs réseau, artefacts sur les postes de travail, événements Active Directory. Il recherche des signaux faibles, des connexions externes anormales, des processus inhabituels ou des comportements qui ne correspondent pas aux usages légitimes. Pour structurer cette analyse, il s’appuie souvent sur le framework MITRE ATT&CK, qui cartographie les tactiques, techniques et procédures (TTP) des attaquants connus.
Phase 3 : la résolution et l’amélioration continue
La troisième phase est celle de la résolution. Lorsqu’une menace est confirmée, les résultats sont communiqués aux équipes de réponse à incident pour éradiquer la compromission. Mais le travail ne s’arrête pas là. Les enseignements tirés de la chasse permettent de créer ou d’améliorer les règles de détection automatisée, renforçant ainsi durablement la posture de sécurité de l’organisation.
Les différentes approches de la chasse aux cybermenaces
Il n’existe pas une seule manière de pratiquer la traque. On distingue généralement trois grands types d’approches.
La traque structurée
La traque structurée repose sur des hypothèses formalisées, construites à partir de modèles de menaces et de TTP documentés. Le chasseur utilise des cadres méthodologiques reconnus pour orienter ses recherches de manière systématique.
La traque non structurée
La traque non structurée est plus exploratoire. Elle s’appuie sur l’intuition et l’expérience du spécialiste, qui parcourt les données à la recherche d’anomalies sans hypothèse prédéfinie. Cette approche demande une connaissance approfondie des environnements et des comportements normaux.
La traque situationnelle
La traque situationnelle est déclenchée par un contexte précis : publication d’une vulnérabilité critique, alerte sectorielle, ou incident survenu chez un partenaire. Elle vise à vérifier rapidement si l’organisation est exposée à une menace spécifique.
Le métier de threat hunter et les compétences requises
Un profil expérimenté en cybersécurité
Le threat hunter est un professionnel expérimenté de la cybersécurité. Ce n’est pas un poste accessible en début de carrière. Une expérience préalable en tant qu’analyste SOC, spécialiste en réponse à incident ou analyste forensique est généralement indispensable pour développer le socle de compétences nécessaire.

Compétences techniques du threat hunter
Sur le plan technique, le chasseur de menaces doit maîtriser l’analyse de logs systèmes et réseau sur des environnements Windows et Linux. La connaissance des langages de scripting comme Python ou PowerShell est essentielle pour automatiser les recherches et traiter de grands volumes de données. Il doit également comprendre le fonctionnement des malwares, des ransomwares, des techniques de persistance et des mécanismes de mouvement latéral utilisés par les attaquants.
La maîtrise des outils SIEM, EDR, NDR et XDR fait partie du quotidien. Le threat hunter s’appuie sur ces solutions pour extraire les signaux faibles et corréler les événements. La connaissance du framework MITRE ATT&CK est également très valorisée, car il fournit un langage commun pour décrire les comportements adverses.
Qualités humaines et collaboration
Au-delà des compétences techniques, ce métier exige des qualités humaines spécifiques : un esprit d’investigation affûté, une rigueur méthodologique, une curiosité insatiable et la capacité à formuler des hypothèses puis à les tester de manière systématique. La communication est aussi cruciale, car le chasseur de menaces travaille en étroite collaboration avec des équipes pluridisciplinaires.
Rémunération et perspectives de carrière
Le marché de l’emploi en cybersécurité est particulièrement dynamique, et le domaine de la traque proactive ne fait pas exception. Les rémunérations reflètent la rareté et le niveau d’expertise demandé.
| Niveau d’expérience | Rémunération annuelle brute estimée |
|---|---|
| Profil débutant (après expérience SOC) | Environ 50 000 € |
| Profil confirmé (5 à 10 ans) | 70 000 € à 90 000 € |
| Profil senior ou expert | Jusqu’à 150 000 € |
Le métier est référencé sous le code ROME M1802, ce qui facilite les recherches d’emploi et les démarches auprès des organismes de formation. Les certifications les plus reconnues dans le domaine incluent l’OSCP, les certifications SANS GIAC (GCFA, GNFA) et les qualifications en threat intelligence.
Se former pour accéder à la traque proactive des menaces
Pour exercer ce métier, un niveau bac+5 en informatique ou en cybersécurité constitue le standard du marché. Le parcours idéal combine une formation solide en systèmes, réseaux et sécurité avec une spécialisation progressive vers l’investigation et l’analyse des menaces.

Chez RedSup, notre mastère européen expert IT en cybersécurité et haute disponibilité (niveau 7, équivalent bac+5) prépare précisément à ce type de carrière. Le programme intègre des modules dédiés à l’investigation forensique et au threat hunting, à l’analyse SOC et à la sécurité des réseaux d’entreprise. Ces enseignements sont complétés par des compétences en administration Linux avancée et en automatisation réseau avec Python, deux piliers indispensables pour tout futur chasseur de menaces.
La formation est accessible en alternance, ce qui permet d’acquérir une expérience terrain dès les premières années d’études. Notre accompagnement à la recherche d’alternance facilite cette démarche, y compris pour les étudiants internationaux et les personnes en reconversion professionnelle.
FAQ
Quelle est la différence entre le threat hunting et la réponse à incident ?
La réponse à incident intervient après qu’une compromission a été détectée ou signalée. Le threat hunting, en revanche, cherche activement des menaces qui n’ont pas encore été identifiées par les systèmes automatisés. Les deux disciplines sont complémentaires : les découvertes du chasseur de menaces alimentent les procédures de réponse à incident, et inversement, les incidents résolus fournissent des pistes pour de futures traques.
Faut-il des certifications spécifiques pour devenir threat hunter ?
Si aucune certification n’est strictement obligatoire, certaines sont fortement recommandées pour crédibiliser votre profil. L’OSCP valide des compétences offensives utiles pour comprendre les attaquants. Les certifications SANS GIAC (comme le GCFA pour l’analyse forensique ou le GNFA pour l’analyse réseau) sont particulièrement prisées des recruteurs. La connaissance approfondie du framework MITRE ATT&CK est également considérée comme un prérequis par de nombreuses organisations.
Le threat hunting est-il accessible en reconversion professionnelle ?
Oui, à condition de suivre un parcours structuré. Le métier exige une solide base en systèmes, réseaux et sécurité informatique, puis une spécialisation progressive. Un professionnel en reconversion peut commencer par un poste d’analyste SOC avant d’évoluer vers la traque proactive. Les formations diplômantes de niveau bac+5, comme celles proposées par RedSup, permettent d’acquérir ces compétences de manière progressive, y compris en alternance.
Vers une cybersécurité plus offensive et plus intelligente
Le threat hunting représente l’évolution naturelle de la cybersécurité : passer d’une posture défensive à une démarche proactive, où l’on ne se contente plus de réagir aux attaques mais où l’on part activement à la recherche des menaces cachées. Pour les professionnels qui veulent aller au-delà de la surveillance passive et développer un véritable savoir-faire d’investigation, cette spécialisation ouvre des perspectives de carrière exceptionnelles. Si vous souhaitez vous former à ces métiers d’avenir, découvrez l’ensemble de nos parcours en cybersécurité et construisez les compétences qui feront de vous un acteur clé de la sécurité numérique.

