La pénurie de talents en cybersécurité en France, souvent résumée par l’expression « pénurie talents cybersécurité France 2027 », n’est plus une projection alarmiste : c’est une réalité documentée par les institutions publiques, les observatoires sectoriels et les entreprises elles-mêmes. Avec environ 45 000 professionnels actifs dans le domaine aujourd’hui, la France devra en compter près de 70 000 d’ici 2028 pour répondre aux besoins du marché.
Pendant ce temps, des milliers de postes restent non pourvus chaque année, fragilisant la sécurité des organisations publiques et privées. Comprendre les causes de ce déficit, identifier les métiers les plus recherchés et savoir comment se former efficacement sont des questions cruciales pour quiconque envisage une carrière ou une reconversion dans ce secteur.
Pénurie talents cybersécurité France 2027 | Redsup
Temps de lecture : ~12 min
- Une pénurie de talents en cybersécurité en France confirmée par les chiffres
- Pourquoi la France manque-t-elle autant d’experts en cybersécurité ?
- Les métiers et compétences les plus recherchés d’ici 2027
- Ce que les entreprises françaises attendent des écoles
- Le rôle stratégique des écoles dans la réduction du déficit de professionnels cyber
- Se former à la cybersécurité en France en 2027 : par où commencer ?
- Aller plus loin avec Redsup
- En résumé : une opportunité à saisir dans la cybersécurité
- FAQ
Une pénurie de talents en cybersécurité en France confirmée par les chiffres
Les données disponibles pour 2024 et 2025 dressent un tableau préoccupant. Selon l’OPIIEC, l’Observatoire des métiers du numérique, la France compte aujourd’hui environ 45 000 professionnels de la cybersécurité, alors que les besoins du marché devraient atteindre 70 000 postes d’ici 2028. Ce déséquilibre structurel se traduit concrètement par environ 15 000 postes non pourvus recensés en 2023-2024, un chiffre qui pourrait dépasser 20 000 en 2025 si la dynamique de formation ne s’accélère pas significativement.
L’Observatoire des métiers de la cybersécurité, rattaché à la plateforme gouvernementale cyber.gouv.fr, a analysé plus de 23 000 offres d’emploi publiées entre juin 2023 et juin 2024, avec une hausse de 49 % du volume d’offres sur cinq ans. Le marché français de la cybersécurité pèse désormais plus de 5 milliards d’euros, avec une croissance annuelle estimée entre 10 % et 12 %. L’ANSSI et la Fédération Française de la Cybersécurité qualifient ce déficit de structurel, c’est-à-dire qu’il ne se résorbera pas spontanément avec le temps.
Cette pénurie dépasse les frontières françaises. À l’échelle mondiale, plusieurs rapports font état de plus de 4 millions de postes non pourvus dans la cybersécurité. La France, comme ses voisins européens, subit une concurrence internationale sur les talents qualifiés, ce qui aggrave encore la tension sur les profils les plus spécialisés.
| Indicateur | Données France (2024-2025) | Projection (2027-2028) |
|---|---|---|
| Professionnels en poste | ~45 000 | ~70 000 nécessaires |
| Postes vacants estimés | 15 000 à 20 000 | +15 000 postes supplémentaires à créer d’ici 2030 |
| Offres d’emploi analysées (12 mois) | +23 000 offres publiées | Hausse de 49 % sur 5 ans |
| Marché français (valeur) | +5 milliards d’euros | Croissance annuelle de 10 à 12 % |
| Pénurie mondiale | +4 millions de postes non pourvus | Aggravation projetée |
Bon à savoir : la Stratégie nationale de cybersécurité 2026, publiée par le SGDSN, prévoit des investissements ciblés pour orienter davantage de profils vers les métiers cyber dès le plus jeune âge, avec un accent particulier sur les publics féminins et issus de milieux défavorisés, encore largement sous-représentés dans le secteur.
Pourquoi la France manque-t-elle autant d’experts en cybersécurité ?
La pénurie de talents en cybersécurité en France en 2027 ne résulte pas d’un seul facteur isolé, mais d’une combinaison de causes profondes que les rapports sectoriels et les institutions publiques ont identifiées de manière convergente.

Une explosion des besoins numériques
La première cause est la croissance extrêmement rapide des besoins. La numérisation accélérée des entreprises, l’essor du cloud, la multiplication des objets connectés et le développement de l’IA appliquée à la cybersécurité ont fait exploser la surface d’attaque des organisations, bien plus vite que les viviers de formation n’ont pu s’adapter. Chaque nouvelle infrastructure numérique crée de nouveaux besoins en compétences défensives.
Des formations encore insuffisamment spécialisées
La deuxième cause tient au manque de formations suffisamment spécialisées et professionnalisantes. Certains domaines de niche comme la cryptographie, la sécurité IoT ou la sécurité cloud souffrent d’une offre de formation encore insuffisante au regard des besoins opérationnels exprimés par les entreprises. L’OPIIEC souligne que l’inadéquation entre les cursus proposés et les attentes du terrain oblige les employeurs à investir massivement dans des remises à niveau après recrutement.
Des métiers encore insuffisamment attractifs
La troisième cause est liée à l’attractivité des métiers cyber. La vision parfois trop techniciste de ces professions, combinée à un déficit d’orientation scolaire vers ces filières, freine l’afflux de nouveaux talents. La Stratégie nationale de cybersécurité 2026 du SGDSN pointe explicitement ce problème et appelle à une mobilisation des établissements d’enseignement supérieur pour renforcer l’attractivité et diversifier les profils recrutés.
Une concurrence internationale accrue
Enfin, la concurrence internationale sur les talents constitue un facteur aggravant. Les professionnels qualifiés en cybersécurité peuvent exercer dans de nombreux pays, ce qui crée un risque réel de fuite des compétences vers des marchés offrant des conditions salariales plus compétitives.
Les métiers et compétences les plus recherchés d’ici 2027
L’étude OPIIEC structure les besoins en compétences autour de quatre grandes familles de métiers, toutes en tension sur le marché français.
Quatre grandes familles de métiers en cybersécurité
La première famille regroupe les métiers liés à la détection des incidents : analystes SOC, threat hunters et spécialistes de la réponse aux incidents. Ces profils sont en première ligne face aux cyberattaques et constituent le cœur opérationnel de la défense des systèmes d’information.
La deuxième famille concerne le conseil et l’audit : consultants en sécurité, auditeurs, pentesters. Ces experts évaluent les vulnérabilités des systèmes, testent leur résistance et accompagnent les organisations dans la mise en conformité réglementaire, notamment au regard du RGPD et de la directive NIS2.
La troisième famille est celle du pilotage de la sécurité : RSSI, responsables de la gouvernance de la sécurité, experts en gestion des risques. Ces profils assurent la cohérence stratégique des dispositifs de protection et communiquent les enjeux au management.
La quatrième famille regroupe les concepteurs de systèmes sécurisés : architectes sécurité, experts en cryptographie, spécialistes de la sécurité cloud et de la sécurité IoT. Ce sont les profils les plus rares et les plus recherchés, notamment dans les secteurs bancaire, de la défense et des infrastructures critiques.
Au-delà des compétences techniques, les entreprises recherchent des professionnels capables de gérer la conformité réglementaire, de sensibiliser les utilisateurs aux bonnes pratiques et de piloter des projets transversaux alliant technique et gouvernance.
À retenir : les domaines les plus en tension en France à l’horizon 2027 sont la sécurité cloud, la cryptographie, l’IA appliquée à la cybersécurité et la sécurité des objets connectés. Ces spécialités combinent une forte demande et une offre de profils formés encore très limitée.
Ce que les entreprises françaises attendent des écoles
Face à la pénurie structurelle de talents, les entreprises françaises ont adapté leurs stratégies de recrutement. Elles se tournent de plus en plus vers des profils juniors issus de formations spécialisées, en particulier via l’alternance en cybersécurité, qui leur permet de former des collaborateurs sur mesure tout en répondant à des besoins opérationnels immédiats.
La Conférence des grandes écoles souligne que les entreprises attendent des établissements d’enseignement supérieur des cursus alignés sur les réalités du terrain, avec des mises en situation concrètes, des projets réels et des partenariats permettant aux étudiants d’acquérir une expérience opérationnelle avant même d’être diplômés. La reconversion professionnelle en cybersécurité est également perçue comme un levier important pour élargir rapidement le vivier de compétences disponibles.
Dans ce contexte, les écoles qui proposent des formations certifiées RNCP, articulées autour de l’alternance et ouvertes aux profils en reconversion, occupent une position stratégique. Elles répondent simultanément aux besoins des étudiants en quête d’employabilité rapide et aux attentes des entreprises en quête de profils opérationnels.
Le rôle stratégique des écoles dans la réduction du déficit de professionnels cyber
Les institutions publiques sont claires sur ce point : les établissements d’enseignement supérieur sont au cœur de la réponse à la pénurie de talents en cybersécurité. La Stratégie nationale de cybersécurité 2026 du SGDSN place explicitement les écoles et universités comme acteurs centraux du dispositif de montée en compétences national.

Les formations certifiées au RNCP constituent un cadre de référence reconnu. La certification RNCP37488, par exemple, offre un référentiel officiel de compétences en cybersécurité, enregistré jusqu’en 2028, qui permet aux écoles de structurer des parcours directement alignés sur les besoins du marché. Ces certifications sont également un signal fort pour les entreprises qui recrutent et pour les étudiants qui souhaitent valoriser leur diplôme.
Redsup s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Nous proposons des formations allant du bac+2 au bac+5 en cybersécurité, avec des cursus certifiés RNCP et une approche résolument orientée vers la pratique et l’insertion professionnelle. Notre Mastère Européen Expert IT en Cybersécurité et Haute Disponibilité (niveau 7) est ouvert aux étudiants français et internationaux, y compris aux étudiants étrangers souhaitant intégrer une formation en France via Campus France. Nos formations en alternance permettent aux étudiants de se former tout en acquérant une expérience professionnelle concrète, ce qui répond directement aux attentes des recruteurs.
Nous accompagnons également les personnes en reconversion professionnelle en cybersécurité, avec des parcours adaptés à leurs acquis et à leurs objectifs. Que vous soyez administrateur système souhaitant vous spécialiser, ou professionnel d’un autre secteur cherchant à bifurquer vers un domaine porteur, nos équipes vous orientent vers le parcours le plus adapté à votre situation.
Se former à la cybersécurité en France en 2027 : par où commencer ?
Pour les étudiants et les personnes en reconversion qui souhaitent rejoindre ce secteur, plusieurs voies existent selon le niveau de départ et les objectifs visés. Voici les principaux critères à prendre en compte pour choisir sa formation.
Les critères pour choisir sa formation en cybersécurité
- Vérifier que la formation est certifiée RNCP, gage de reconnaissance officielle et d’insertion professionnelle facilitée.
- Évaluer la qualité des partenariats entreprises pour faciliter la recherche d’alternance.
- Vérifier la cohérence du programme avec les familles de métiers identifiées par l’OPIIEC (SOC, audit, RSSI, architecture sécurité).
- Privilégier la possibilité de suivre la formation en alternance, pour financer ses études et acquérir de l’expérience.
Redsup accompagne ses étudiants dans la recherche d’alternance et propose plusieurs types de contrats adaptés à chaque situation. Nos formations couvrent des domaines techniques essentiels comme la sécurité des réseaux d’entreprise, l’analyse SOC, le threat hunting et l’investigation forensique, l’administration Linux avancée, ainsi que l’architecture et la sécurité cloud. Ces modules sont directement articulés avec les compétences les plus demandées par les recruteurs français en 2025 et au-delà.
Pour les étudiants étrangers, notamment en provenance d’Afrique et du Maroc, Redsup est accessible via Campus France et propose une rentrée décalée permettant d’intégrer nos cursus en dehors des calendriers classiques. Nous avons également développé une offre internationale pour accueillir des profils souhaitant se former en France dans un environnement professionnel exigeant.
Aller plus loin avec Redsup
La pénurie de talents en cybersécurité en France à l’horizon 2027 n’est pas une fatalité, mais elle exige une réponse rapide et structurée. Les chiffres sont sans ambiguïté : 15 000 à 20 000 postes vacants aujourd’hui, un besoin de 70 000 professionnels d’ici 2028, et une croissance du marché qui ne faiblit pas.

Pour les étudiants, les alternants et les personnes en reconversion, c’est une fenêtre d’opportunité exceptionnelle. Se former dès maintenant dans une école reconnue, avec des certifications RNCP et une approche orientée terrain, c’est se positionner sur l’un des marchés de l’emploi les plus dynamiques de la décennie. Redsup est là pour vous accompagner à chaque étape de ce parcours.
Pour en savoir plus sur nos formations ou déposer votre candidature, consultez notre page de présentation ou prenez contact avec notre équipe directement depuis notre site.
En résumé : une opportunité à saisir dans la cybersécurité en France
Avec 15 000 à 20 000 postes déjà vacants, un besoin estimé à 70 000 professionnels d’ici 2028 et un marché en croissance annuelle de 10 à 12 %, la pénurie de talents en cybersécurité en France représente autant un défi pour les organisations qu’une chance pour les étudiants, les alternants et les personnes en reconversion. En choisissant des formations certifiées, professionnalisantes et fortement connectées aux besoins du terrain, chacun peut contribuer à réduire ce déficit tout en construisant une carrière durable dans un secteur stratégique.
FAQ
Quelle est la différence entre un analyste SOC et un pentester ?
L’analyste SOC (Security Operations Center) surveille en temps réel les systèmes d’information pour détecter les incidents de sécurité et y répondre rapidement. Le pentester, ou testeur d’intrusion, adopte une posture offensive : il simule des attaques pour identifier les vulnérabilités d’un système avant qu’un acteur malveillant ne les exploite. Ces deux métiers sont complémentaires et figurent parmi les profils les plus recherchés en France.
Peut-on se reconvertir en cybersécurité sans diplôme informatique ?
Oui, une reconversion en cybersécurité est tout à fait possible sans formation initiale en informatique, à condition de suivre un parcours adapté. Certaines écoles, dont Redsup, proposent des cursus de reconversion qui partent des fondamentaux pour amener progressivement les apprenants vers des compétences opérationnelles reconnues. Un accompagnement personnalisé et un programme structuré sont les clés d’une reconversion réussie.
Qu’est-ce que la directive NIS2 et pourquoi est-elle importante pour les professionnels de la cybersécurité ?
La directive NIS2 est une réglementation européenne entrée en vigueur en 2023 qui renforce les obligations de cybersécurité pour un grand nombre d’organisations, publiques et privées. Elle élargit le périmètre des entités concernées et durcit les exigences en matière de gestion des risques, de signalement des incidents et de conformité. Pour les professionnels de la cybersécurité, la maîtrise de NIS2 est devenue une compétence transverse incontournable, notamment pour les profils orientés gouvernance et audit.
Quels salaires peut-on espérer en cybersécurité en France en 2025 ?
Les salaires dans la cybersécurité varient selon le niveau d’expérience et la spécialité. Un profil junior en sortie de formation peut espérer entre 35 000 et 45 000 euros bruts annuels. Un analyste SOC confirmé ou un consultant en sécurité expérimenté se situe généralement entre 50 000 et 70 000 euros. Les profils les plus rares, comme les architectes sécurité ou les experts en cryptographie, peuvent dépasser les 80 000 euros annuels dans les grandes organisations ou les ESN spécialisées.
Les étudiants étrangers peuvent-ils accéder aux formations cybersécurité en France ?
Oui, les étudiants étrangers peuvent accéder aux formations en cybersécurité en France via le dispositif Campus France, qui facilite les démarches administratives et la reconnaissance des dossiers académiques. Redsup accueille des étudiants internationaux, notamment en provenance d’Afrique et du Maroc, et propose une rentrée décalée pour s’adapter aux contraintes liées aux visas et aux calendriers académiques différents.
Qu’est-ce qu’une certification RNCP et pourquoi est-elle importante pour choisir une formation ?
Le RNCP, Répertoire national des certifications professionnelles, est un référentiel officiel géré par France Compétences qui recense les certifications reconnues par l’État. Une formation certifiée RNCP garantit que le diplôme obtenu est officiellement reconnu, ce qui facilite l’accès à l’emploi, la validation des acquis de l’expérience et, dans certains cas, le financement de la formation via des dispositifs publics. Pour un étudiant ou une personne en reconversion, choisir une école dont les formations sont inscrites au RNCP est un gage de sérieux et de valeur sur le marché du travail.

